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CONCERT THIONE SECK A NANTES

CONCERT THIONE  SECK A NANTES

Dans le cadre de ses activités culturelles, L'association des sénégalais de Nantes et Agglomération (A.S.N.A) présente Thione Seck et son orchestre RAM DAM en concert le vendredi 27 novembre 2009  à la Salle Festive de Nantes Nord (73, av Bout des Landes).

L'entrée est fixée à 20€ en prévente et 25€ en entrées sur place..

Les places sont à prendre dans les points de vente habituels, à la FNAC, Virgin, Auchan et Carrefour.

Contact Nantes Ousseynou DIARRA :  06 23 55 85 64



RENCONTRE AVEC LA DELEGATION DE L'ASSEMBLEE DES SENEGALAIS DE L'EXTERIEUR (ASE)

 11 OCTOBRE 2009  14H3O
LIEU MAISON DE QUARTIER DE DERVALLIERE

THEME : DISCUTION SUR LA  PLATE FORME PROPOSEE PAR  ASE
 CI-DESSOUS LE PROJET DE LA PLATEFORME

 

 

Projet de Plateforme

A S E

 
La présente plateforme recense les revendications essentielles de la diaspora sénégalaise de France. Elle englobe aussi bien notre vie quotidienne ici en France que notre relation au pays d’origine. Ainsi elle rend compte des difficultés globales de la diaspora dont la vie est désormais organisée autour du double espace dans lequel elle évolue. Ce sont ces difficultés issues de cette double présence qui légitiment les revendications dont notre plateforme est porteuse.

Par ailleurs, il importe de souligner que la plateforme s’inspire aussi d’une longue présence sénégalaise en France. En effet, celle-ci est très vieille puisqu’elle remonte au début du siècle dernier lorsque les premiers tirailleurs sénégalais débarquent dans les ports du midi de la France pour participer à la libération de la France lors de la guerre de 1914-1918.
Tout comme lors de la Seconde Guerre mondiale 39-45, les sénégalais sont à nouveau mobilisés pour voler au secours de la France.

Dans la suite, une immigration à dominante culturelle et politique s’installe en France. C’est le temps des intellectuels et étudiants sénégalais qui vont lancer le mouvement de la Négritude, le plus important courant intellectuel revendicatif articulé autour de l’identité noire qui a profondément marqué notre époque (L.S. Senghor, Alioune Diop et autres Cheikh Anta Diop, sans oublier le Martiniquais Aimé Césaire). Quant à la future élite politique, elle s’installe à Paris, ‘‘capitale de l’Afrique noire’’ où elle fait son apprentissage dans les arcanes des institutions françaises : différents gouvernements de la IV° République, Assemblée nationale (où siège le premier député noir-africain Blaise Diagne) et le Sénat où le premier Président du Conseil, Mamadou Dia, est élu. Plus globalement, toute l’élite politique ouest-africaine siège à Paris jusqu’à la veille des indépendances des années soixante. 

L’arrivée de la première vague migratoire à dominante économique n’intervient qu’à partir de 1960. Pour reconstruire son pays détruit par la deuxième guerre mondiale, la France fait
largement appel à la main d’oeuvre originaire de ses ex-colonies africaines. Les Toucouleur (Hal Pulaar) et Soninke originaires de la Vallée du fleuve Sénégal débarquent sur les rives de la Seine (Paris, Rouen, le Havre). Ce sont uniquement des hommes qui travaillent pendant trois à six ans avant de se faire remplacer par un frère, un fils ou un neveu. Ils pratiquent ce qu’on appelle alors l’immigration tournante. Quant aux Manjak et Diola du sud du Sénégal (Casamance) qui s’installent à Marseille et au Havre, ils font venir leur famille pour se sédentariser en France dès leur arrivée.

Bien d’autres migrants viendront gonfler les rangs de la diaspora sénégalaise de France : les Modou-Modou (commerçants ambulants mourides), les étudiants et autres fonctionnaires et ouvriers en formation dont certains ne retourneront pas au pays.

Mais le grand tournant intervient au sein de la diaspora sénégalaise au moment de la
suspension de l’immigration de travail décidée par le président Giscard d’Estaing en 1974. C’est la fin de l’immigration économique et le début de la vie en famille pour nos compatriotes originaires de la vallée du Sénégal. Beaucoup d’entre eux réalisent le regroupement familial en faisant venir les épouses et les enfants. On assiste donc à une féminisation et à un rajeunissement de notre communauté. Mais la nouvelle vie familiale est source de beaucoup de difficultés pour nos compatriotes qui n’y sont pas préparés. Le problème le plus difficile fut le logement. Le contexte culturel français, très différent de celui du pays d’origine, alimente les conflits entre les maris et les épouses d’une part et, d’autre part, entre les parents et les enfants. Les difficiles conditions du regroupement familial ont considérablement gêné l’insertion sociale et l’intégration nationale de ces familles en France.

Ce sont toutes ces difficultés qui justifient plus que jamais la nécessité d’une organisation qui regroupe l’ensemble de notre communauté en France, indépendamment des appartenances
ethnico-régionales, politiques et confessionnelles. Telle est l’ambition de la présente plateforme que nous présentons au nom de l’Assemblée
des Sénégalais de l’Extérieur (ASE).

 

 

1 – POURQUOI UNE ASSEMBLEE DES SENEGALAIS DE L’EXTERIEUR ?

Elle trouve sa raison :

- d’une part dans notre dispersion et notre inorganisation constituent notre grande faiblesse qui permet à nos gouvernants de s’exprimer en notre nom sans nous consulter, sans nous informer et le plus souvent à l’encontre de nos intérêts ;

- d’autre part, dans l’absence cruelle de communication et de concertation entre le gouvernement et les représentations diplomatiques et consulaires de l’Etat sénégalais d’une part et les
Sénégalais résidant en France de l’autre.

 

L’Assemblée des Sénégalais de l’Extérieur doit être :

- le porte-parole de tous les Sénégalais résidant en France auprès des autorités sénégalaises (Etat et représentations diplomatique et consulaires) et françaises,

- le défenseur des intérêts matériels et moraux de la communauté sénégalaise auprès des
autorités gouvernementales françaises et sénégalaises.

2 - SUR NOS DROITS SOCIAUX

Les Sénégalais de France ont besoin d’une totale transparence dans le domaine des conventions sociales (sécurité sociale, retraites, allocations familiales et vieillesse) qui engagent leur propre vie et celle de leurs familles.

Le gouvernement par le biais des représentations consulaires, doit largement informer les migrants résidents, et cela dans la plus totale transparence, du contenu des accords signés.

La sécurité sociale

Sur ce premier point qui est au coeur des droits sociaux des travailleurs migrants en France, il est urgent de renégocier les conventions bilatérales de la sécurité sociale pour enlever définitivement la condition de résidence (consacrant le principe de « territorialité » de la sécurité sociale) exigée la plupart des droits sociaux tels que l’assurance maladie et le minimum vieillesse par exemple.

Car plus globalement, les conventions bilatérales de sécurité sociale doivent s’écrire à la
lumière de l’évolution des travailleurs migrants qui sont désormais inscrits dans le double espace et non pas figés dans les contraintes d’un seul espace (le moment du travail en France ou celui de la retraite au pays).

Les droits auxquels ouvrent les cotisations versées par le travailleur migrant tout au long de son activité professionnelle doivent lui être attribués où qu’il décide de vivre (momentanément ou durablement) au moment de la retraite.

Les allocations familiales

L’Assemblée des Sénégalais de l’extérieur demande la revalorisation des taux des
allocations familiales et les verser intégralement et directement aux familles, ayants droit sans passer par la caisse sénégalaise, comme c’est le cas des Marocains. Aussi, proposons-nous la renégociation de toutes ces conventions si déséquilibrées pour les travailleurs sénégalais de France.

Il est important de corriger les clauses des conventions bilatérales afin de faire bénéficier aux familles restées au pays des cotisations payées par les travailleurs migrants en s’inspirant des conventions et autres accords beaucoup plus avantageux négociés par d’autres pays d’émigration tels que le Mali et le Maroc.

 En somme, sur l’ensemble des droits sociaux de nos compatriotes en migration, il s’agit de 
s’inspirer de ce qu’il y a de meilleur dans les différentes conventions bilatérales signées par les uns et les autres. D’où la nécessité pour l’Assemblée des Sénégalais de l’extérieur de bien étudier celles-ci et s’y appuyer pour participer aux négociations futures.

Les retraites

Renégocier les accords pour permettre aux travailleurs migrants retraités de percevoir leur
retraite dans le pays d’origine sans perdre leur carte de résident. Autrement dit, il faut négocier la suppression de la contrainte résidentielle à laquelle est également soumis le migrant retraité qui, après plus de temps passé en France que chez lui, mérite largement une retraite au milieu des siens.

En effet, le détenteur de la carte de résident (10 ans) n’a pas le droit de s’absenter plus de 3 années (fixée à 6 mois avant) de manière ininterrompue du territoire français.

Il convient aussi d’ajouter la possibilité de venir se faire soigner en France chaque fois que de besoin sans être assujetti à des procédures administratives innombrables et fastidieuses pour bénéficier à nouveau de ses droits de la Sécu. Il est donc impératif de négocier le cas des travailleurs migrants retraités rentrés au pays pour leur faciliter leur accès aux soins de santé auprès de la Sécurité sociale française au titre de leur carte vitale (assuré social)

Il faut aussi souligner que le fait d’augmenter toujours plus le nombre d’annuités de cotisations pénalisent fortement les vieux migrants quand on sait que leur évolution professionnelle est loin d’être stable parce que entrecoupée de chômage ou de séjours au pays. A quoi s’ajoutent les inégalités salariales, les statuts précaires et autres discriminations d’accès aux emplois valorisants qui ont fortement pénalisé leur carrière professionnelle.

Concernant nos compatriotes rentrés au pays avant l’âge de la retraite, le gouvernement français doit leur faciliter la délivrance de visa pour leur permettre de revenir s’occuper de la liquidation de leur retraite. Cela d’autant plus qu’il leur est difficile de réunir à partir du pays tous les justificatifs nécessaires, notamment les preuves des périodes d’activité manquantes sur le relevé de carrière envoyé par la Cnav (caisse de retraite française).

La carte de retraité

C’est une carte créée par la loi du 11 mai 1998 qui permet aux vieux migrants d’effectuer
des allers-retours entre la France (durée maximum du séjour : un an) et le pays d’origine sans avoir à demander de visa. Elle est réservée uniquement aux anciens titulaires d’une carte de résident (10 ans) et au conjoint ayant résidé en France.

Mais cette carte présente un inconvénient de taille : contrairement à la carte de résident (10 ans), elle ne donne pas droit à la qualité de « résident » et donc au droit de séjour de manière définitive. Le migrant qui échange sa carte de résident (10 ans) contre la carte de retraité perd son droit de séjour en France et par là-même les droits associés avec son statut de résident, notamment les droits à l’assurance maladie, alors qu’on lui prélève des cotisations sur sa retraite. Là réside la supercherie qui consiste à cotiser pour des droits dont tu ne peux plus bénéficier pas plus ici qu’au

pays. Nous demandons donc que la carte de retraité soit réformée pour comporter tous les
avantages auxquels donne droit la carte de résident (10 ans) tels que les assurances maladies.

Le regroupement familial

L’Assemblée des Sénégalais de l’extérieur dénonce avec force les dernières lois Hortefeux
sur le regroupement familial qui vont jusqu’à prévoir des tests ADN pour vérifier de la filiation des enfants des migrants. Toutes ces lois aussi iniques dictent à notre diaspora (et à toutes les diasporas migrantes du reste) la nécessité de s’organiser pour défendre les intérêts de nos compatriotes de plus
en plus mis à mal par les politiques répressives de l’Etat français.

Le titre de séjour d’un an renouvelable

Aujourd’hui, beaucoup de nos compatriotes ne sont détenteurs que d’un titre de séjour d’un
an renouvelable malgré une présence régulière de plus de cinq ans en France. Aussi ne peuvent-ils prétendre au regroupement familial.

L’Assemblée des Sénégalais de l’extérieur demande que soit levée la condition du contrat à
durée indéterminée (CDI) qui leur est exigée pour obtenir le titre de résident de 10 ans, condition préalable au regroupement familial.

Les pensions des anciens combattants

« En versant le même sang, vous gagnerez les mêmes droits», écrivons-nous en introduction
de cette plateforme. L’injustice qui prévaut dans les pensions des anciens combattants montre bien que l’égalité promise au nom du sang versé, à ce jour, n’est pas encore honorée.

Un demi-siècle après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les soldats originaires des ex-colonies françaises sont toujours discriminés par la loi dite « de cristallisation » (fallait l’inventer un tel terme !) promulguée en 1959 par leur compagnon d’armes le général de Gaulle (on n’est jamais mieux servi que par les siens). Il s’agit d’un barème qui a pris pour base de calcul la nationalité et partant le niveau de vie du pays de résidence. A partir de ce moment l’indemnité de nos soldats est « cristallisée », c’est-à-dire calculée jusqu’à dix fois inférieure à celle de son « frère d’armes » métropolitain. Et encore aujourd’hui, malgré les quelques changements intervenus, la pension civile et militaire d’un Français s’élève à environ 600 euros par mois contre 150 euros par mois pour un Sénégalais et 80 euros par mois pour un Marocain.

Et malgré la confusion savamment entretenue par le gouvernement français, il faut préciser que seules les retraites de combattant et les pensions d'invalidité ont été « décristallisées » dans le cadre de la loi de finances 2007. Quant à la pension de retraite de militaire professionnel, qui constitue la part la plus importante des prestations dues à nos soldats", elle demeure toujours « cristallisée ».

Récemment, en octobre 2008, le tribunal administratif de Bordeaux, s’appuyant sur les accords Euro-Méditerranée de février 1996 signés entre les Communautés européennes et le Maroc, a enjoint l'Etat à revaloriser les pensions de retraite de six combattants marocains qui ont servi sous le drapeau français durant la Seconde guerre mondiale et en Indochine. Cependant, la décision ne s’applique qu’aux six plaignants présents à la barre et à plus de cinquante autres Marocains qui avaient déposé un recours similaire devant la même juridiction. Quant à notre compatriote sénégalais, autre plaignant, il n’a pas obtenu gain de cause. C’est dire que l’équité est loin de régir le parcours des 80 000 combattants encore en vie.

Aussi l’Assemblée des Sénégalais de l’extérieur entend soutenir ce dernier combat des
« Indigènes » de la République en commençant par populariser celui du plaignant Amadou Diop qui a donné son nom au fameux « arrêt Diop » du Conseil d’Etat en faveur de la revalorisation de sa pension.

Le droit de vote des étrangers aux élections locales

Depuis l’arrivée des socialistes au pouvoir en 1981 sous la houlette de F. Mitterrand, le droit du vote des étrangers est agité et jamais traduit dans les faits. Entretemps, les communautaires (ressortissants de l’Union européenne) y ont eu droit. Pourtant quoi de plus normal que des citoyens de terre d’accueil qui contribuent par leur travail à la richesse nationale et participent activement à la vie de la cité (municipale ou autre) aient un droit de vote aux élections locales dans leur commune. Ceci participe d’une conception moderne de la démocratie.

 

Aussi l’Assemblée des Sénégalais de l’extérieur soutient pleinement un tel droit et compte
s’investir concrètement pour le faire traduire dans la réalité électorale française. Car l’argument souvent brandi qui veut qu’il faut prendre la nationalité pour obtenir le droit de vote est unargument foncièrement fallacieux qui se situe à mille lieux justement de la notion moderne de démocratie participative qui associe tous les citoyens, quel que soit leur statut, à la totalité de la vie de la cité. Les sans papiers et les reconduites de nos compatriotes à la frontière Quoi de plus normal que de reconnaître que la présence de sans-papiers correspond parfaitement à des besoins de bien des secteurs de l’économie française. Qu’en serait-il de secteurs tels que le bâtiment, le tertiaire (services, restauration, hôtellerie…) qui ne soutiennent la concurrence mondiale que grâce à ce volant de sans-papiers sciemment entretenu pour structurer le marché de l’emploi.

L’Assemblée des Sénégalais de l’extérieur apporte son soutien absolu à leur lutte et compte
la populariser au sein de la diaspora pour l’amener à en saisir les enjeux. D’autant que c’est très souvent les politiques migratoires de plus en plus répressives et iniques de l’Etat français qui sont, pour bien des cas (anciens travailleurs au chômage, ex-étudiants, ex-polygames…), à l’origine des sans-papiers.

Par ailleurs, au regard de ce que représente de plus en plus le phénomène migratoire et les enjeux qui s’y attachent, il est impératif que le gouvernement sénégalais change sa posture traditionnelle qui a toujours consisté à subir les problèmes migratoires en servant de faire-valoir à la politique d’expulsions de ses propres ressortissants.

 

Le gouvernement sénégalais doit :

 - soutenir la régularisation des sans-papiers en négociant avec la France une meilleure prise en compte de leurs droits acquis par le travail qu’ils ont déjà effectué.

- travailler de manière concertée avec les autres gouvernements africains concernés (Mali,

Mauritanie et autres) pour négocier en position de force l’élargissement de la liste des métiers affectés aux ressortissants non communautaires. Il faut mettre fin à la division des Etats africains dans les discussions sur l’immigration qui ne profite en définitive qu’au gouvernement français.

- refuser que nos employés consulaires soient transformés en agents supplétifs et nos consulats en bureaux de contrôle par les gouvernements des pays d’accueil au service de leur politique d’expulsion des ressortissants sénégalais.

Pour cela, faudrait-il que nos gouvernants évitent de signer, à tout-va, des accords qui leur confère le statut de co-gérants des flux migratoires et la réadmission des expulsés en contrepartie des aides, souvent insignifiantes, accordées par les gouvernements européens (français et espagnols en l’occurrence). Les accords doivent reposer sur un principe fondamental : la défense et la régularisation des sans-papiers. Notre gouvernement doit s’inspirer de son homologue malien qui, à ce jour encore (en espérant qu’il s’y tiendra), a toujours refusé de signer des accords aussi déséquilibrés et défavorables à ses ressortissants résidant en France.

Les sans-papiers sont des hommes et des femmes dont la plupart sont établis depuis longtemps en France, y vivent et travaillent sans aucun droit reconnu tout en contribuant à la richesse nationale. Et plus scandaleux encore, l’Etat ne rechigne pas à les imposer en dépit de leur statut d’irréguliers administratifs. Il faut dénoncer avec force les accords qui les criminalisent en sans-papiers.

3 - SUR LES FEMMES

Depuis la féminisation de l’immigration intervenue à la fin des années 70, nous avons bien observé le rôle que les femmes ont joué dans l’intégration familiale en terre d’accueil et la place qu’elles occupent dans la mobilisation associative. Sans compter le dynamisme qu’elles ont mis à intégrer le marché de l’emploi pour apporter un plus à la vie familiale en France.

Incontournables dans la vie de notre diaspora, les femmes migrantes constituent un potentiel certain pour l’Assemblée des Sénégalais de l’extérieur dans la capacité à trouver les meilleures solutions aux difficultés qui sous-tendent nos parcours en France.

La féminisation de la migration sénégalaise est une réalité, un fait sociétal nouveau dont les autorités des deux pays doivent tenir compte en l’intégrant dans la définition des conventions qui doivent désormais intégrer la dimension féminine (genre).

Ainsi en est-il de la question de la retraite qui va toucher de plus en plus les femmes dans les années à venir, notamment du fait des regroupements familiaux intervenus à partir du milieu des années 1970. Déjà on sait que les femmes étrangères, pour diverses raisons, ont des droits propres à la retraite plus faibles que les hommes. N’oublions pas qu’en France, les femmes touchent en moyenne juste un peu plus de la moitié des droits des hommes. Au moment du décès du mari, les épouses touchent des pensions de réversion très faibles (50 à 60%). Alors qu’on sait que les retraites des vieux migrants sont en général, elles-mêmes, faibles.

 4 - SUR LES JEUNES
La deuxième voire troisième génération constitue l’autre versant de la féminisation. En effet, des enfants naissent et/ou grandissent dans le nouvel espace d’accueil des parents. Comme nous l’avons déjà noté, ils sont porteurs d’un biculturalisme qui est souvent problématique aussi bien pour eux-mêmes que pour les parents analphabètes qui éprouvent beaucoup de mal à lire les comportements de leurs propres enfants sur fonds d’échecs scolaires.  

L’autre sujet de préoccupation majeure des fils de migrants, c’est la discrimination dont la plus pénalisant est celle qui prévaut à l’embauche. Un phénomène qui s’est particulièrement aggravé du fait de l’absence de volonté politique qui a prévalu jusqu’à tout récemment au sein de l’Etat français pour y remédier.Au vu de tous ces facteurs qui handicapent lourdement l’avenir des fils de la diaspora,

l’Assemblée des Sénégalais de l’extérieur doit prévoir un investissement à la hauteur des enjeux qui, quant au fond, impliquent le devenir de notre communauté en France au plan de la mobilité sociale. Cet investissement passe d’abord par une implication médiatrice plus marquée au sein des familles de notre association. Quant à l’éducation de ces jeunes, elle passe par une responsabilisation plus grande des parents.

D’autre part, il convient :

- l’organisation de colonies de vacances au Sénégal qui prévoient non seulement un accueil familial mais aussi des structures d’accueil de nature à leur faire découvrir les différentes facettes socio-culturelles du pays d’origine des parents que souvent ces derniers ont eu du mal à leur transmettre.

- L’organisation de manifestations culturelles et sportives ici en terre d’accueil pour favoriser aussi bien les rencontres entre les enfants issus de l’immigration qu’entre ces derniers et la communauté des adultes qui leur est souvent extérieure.

Toutes ces mesures visent à accompagner ces jeunes dans une gestion harmonieuse de leur
double appartenance culturelle. Pour relever le défi de cette génération, l’Assemblée des Sénégalais de l’extérieur travaillera à la mise en place d’un partenariat avec les associations sénégalaises de la diaspora.

L’autre grand chantier concerne la lutte contre la délinquance qui sévit au sein de notre

jeunesse. Les familles concernées vivent très douloureusement l’emprisonnement d’un fils au sein de la communauté. L’emprisonnement d’un fils est un sujet tabou au sein des familles et de la communauté. Ainsi le mal n’est jamais nommé et encore moins diagnostiqué pour lui trouver les réponses adéquates.

Voilà pourquoi notre Assemblée des Sénégalais de l’extérieur, en partenariat avec toutes les bonnes volontés associatives comme institutionnelles, doit pleinement s’investir dans la lutte pour son éradication.

 

5 - SUR LES ETUDIANTS

 

Les étudiants sénégalais sont toujours confrontés aux mêmes problèmes d'accueil, de garantie financière pour l’obtention de la carte de séjour, d'hébergement, d’inscription en fac, de bourse (systématiquement insuffisante) et de travail pour survivre. Sans être exhaustif, les difficultés estudiantines trouvent leur source dans :

- les problèmes de gestion des étudiants : le service de gestion des étudiants sénégalais en

France ne maîtrise pas le cahier de charges des étudiants,

- le retard dans le paiement des bourses (problèmes de découverts, de vie à crédit…) ; un
étudiant boursier de l’Etat du Sénégal ne peut, en aucun cas, compter sur sa bourse pour vivre en France, d’où l’obligation de travailler à temps partiel pour financer ses études,

- le problème récurrent du logement, surtout en région parisienne.

- les accords signés avec la France relatifs à la gestion des étudiants ne comportent pas de clauses qui engagent l’administration française à la recherche de solutions aux problèmes de base des étudiants sénégalais en France : logement, inscription, bourse, financement de recherche…

- l’absence de concertations périodiques entre le ministère de l’Education nationale ou de

l’Enseignement supérieur et les représentants des étudiants pour le suivi des difficultés estudiantines en France.

A l’instar de leurs collègues étrangers, les étudiants sénégalais sont très souvent pénalisés au niveau des stages professionnels pour valider leur parcours. En effet, ils éprouvent beaucoup de difficultés à trouver des entreprises pour ce faire.

Aussi bien avec les autorités sénégalaises que françaises, il faut donc négocier le cas des étudiants pour leur permettre d’étudier dans de meilleures conditions. Y compris pouvoir travailler. Etant entendu que la vocation de l’étudiant, notamment dans le cas de celui qui est boursier de l’Etat sénégalais, est de rentrer au pays après ses études même s’il faut respecter le droit de chacun de vivre là où il le désire.

Dans le court terme, il est impératif pour les étudiants de dresser une plateforme spécifiquement centrée sur leurs préoccupations principales pour inspirer de telles négociations avec les autorités compétentes d’ici et de là-bas.

6 - UNE MAISON DES SENEGALAIS DE L’EXTERIEUR

La Maison des Sénégalais de l’extérieur doit être un espace de rencontres et d’échanges de la communauté sénégalaise. Elle est aussi un espace d’offre de différents services pour la diaspora sénégalaise de France. Rappelons qu’une telle Maison est un vieux souhait exprimé par les Sénégalais de France.

Cette maison sera donc :

- un lieu de regroupement et de rencontres,

- un bureau d’aide et d’assistance aux citoyens sénégalais en terre d’accueil,

- un lieu de séjour temporaire pour des primo-arrivants,

- un local de réunions pour les associations,

- des ateliers d’alphabétisation,

- un espace d’aide pour les migrants qui sont porteurs de projets de retour au pays,

- un espace de rencontres et de concertation avec les autres communautés migrantes africaines d’une part et extra-africaines d’autre part autour d’intérêts que nous avons en commun. L’Assemblée des Sénégalais de l’Extérieur sera la promotrice de cette Maison.

7 – PARTENARIAT ET SYNERGIE AVEC LES ASSOCIATIONS

L’Assemblée des Sénégalais de l’extérieur tissera un partenariat avec l’ensemble des
associations villageoises ou régionales (centrées sur le développement de la zone d’origine) et territoriales (centrées sur l’intégration socio-familiale en terre d’accueil) qui le souhaitent. Ce partenariat se bâtira, au besoin, autour de conventions d’objectifs articulées autour d’actions bien repérées au sein de la diaspora. Ce sera le cas, par exemple, sur les problèmes d’échecs scolaires et de délinquance chez les jeunes de la deuxième génération. Avec toutes ces associations, il s’agit de mettre en synergie nos potentiels respectifs pour relever les défis qui persistent au sein de la diaspora et notamment les difficultés encore inhérentes à l’intégration en terre d’accueil. Ce partenariat concerne aussi toutes les structures de défense des Sénégalais de France, qu’elles soient fédératives, syndicales ou autres.

8 - SUR LE SERVICE PUBLIC SENEGALAIS

A - Au plan institutionnel

- Mise en place d’un ministère des Migrations (englobant aussi bien l’émigration que

l’immigration) en charge de la définition d’une politique migratoire, de son application et de son suivi. Sous son éclairage, le gouvernement sénégalais devra négocier les conventions relatives à ses ressortissants en concertation avec les associations représentatives de ces derniers.

- Création d’une Direction nationale des migrations qui sera chargée du suivi et du traitement des entrées et des sorties (statistiques, études et recherches…), cheville ouvrière du ministère des Migrations.

- Mise en place d’un service public d’information et de suivi sur les possibilités d’immigration et d’émigration légales.

- Mise en place d’un système performant de gestion et de suivi des ressortissants sénégalai à l’étranger.

B – Au plan législatif

En tant que catégorie importante de la société civile sénégalaise de l’extérieur, nous

demandons à être érigés en circonscription électorale qui élit ses propres députés issus de ses rangs

pour siéger à l’Assemblée nationale sénégalaise. N’est-ce pas le seul moyen de nous faire
représenter démocratiquement au Parlement de Dakar, contrairement au procédé actuel où nous
nous voyons imposés un « député des Sénégalais de l’extérieur » selon la dénomination et la
pratique en vigueur.

 

C - Au plan diplomatique et consulaire

 

- Dépolitiser les représentations diplomatiques et toutes les institutions d’appui aux émigrés tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du Sénégal.

- Faciliter l’obtention de tous les documents d’état civil et notamment assouplir les procédures de délivrance et de prorogation des passeports pour les Sénégalais de l’extérieur.

- Développer au niveau des consulats et ambassades une politique de communication
dynamique envers la communauté sénégalaise.

- Maximaliser l’usage de l’Internet comme interface entre les consulats et la communauté sénégalaise surtout en ce qui concerne les démarches administratives.

- Développer une culture de service auprès des ressortissants sénégalais au niveau des ambassades et consulats. Pour être au service des résidents sénégalais, les consulats doivent définir, de façon précise, leur mission et tenir conséquemment leur rôle de représentation, notamment en :

• en commençant par se doter d’un standard téléphonique performant. Il n’est pas
compréhensible pour la communauté sénégalaise de ne pas pouvoir régler certaines démarches
simples par téléphone et/ou avoir les informations utiles avant de se déplacer ;

• en ouvrant une permanence le samedi, ne serait-ce que pour répondre à une demande vieille de plus de trente ans. En effet, nos compatriotes qui travaillent du lundi au vendredi inclus n’ont d’autre journée libre que le samedi ;

• en mettant en place un dispositif de bibliobus qui va à la rencontre de la diaspora sénégalaise ;

• en délivrant des papiers administratifs tels que le livret de famille, la carte d’identité nationale et les actes de naissance ;

• en ouvrant des bureaux de vote partout où existe une communauté sénégalaise significative;

• en nommant des fonctionnaires compétents et consciencieux pour combattre l’absentéisme
chronique des agents consulaires. Pour cela il suffit de mettre fin aux nominations de complaisance et/ou politiques ;

• en exonérant de droits de douanes le matériel destiné qui participent d’un projet économique.

Tout comme il convient aussi d’accorder une franchise douanière à l’occasion d’un retour définitif au moment de la remise, par les autorités consulaires, d’un Certificat de déménagement. Et enfin, faire bénéficier aux détenteurs de la carte consulaire des services du Guichet Unique des Emigrés.

Pour ce qui concerne une question aussi cruciale que le rapatriement des dépouilles en cas de décès qui est au coeur des préoccupations de la communauté sénégalaise de France, il n’est que temps pour les autorités consulaires de s’y intéresser.

A ce sujet, nous leur proposons l’idée suivante qui permet de faire d’une pierre deux coups: intégrer à la carte consulaire une prévoyance qui garant à chaque titulaire son rapatriement en cas de décès. L’Assemblée des Sénégalais de l’extérieur peut aider les autorités consulaires à la mise en oeuvre d’un tel projet.

Dans le cadre d’un nouveau partenariat avec l’Etat sénégalais, l’Assemblée des Sénégalais de l’extérieur, forte de ses savoir-faire professionnels intrinsèques, est prête à apporter son concours pour la mise en en place des différents dispositifs nécessaires pour la résolution des divers problèmes évoqués ci-dessus.

9 - SUR LES ACCORDS INTERNATIONAUX

Les autorités gouvernementales sénégalaises doivent abandonner « le secret » dont elles

entourent en général la signature des accords bilatéraux et/ou multilatéraux et autres conventions avec les gouvernements de notre pays d’accueil. Par le biais des représentations consulaires, notre gouvernement signataire doit nous informer en toute transparence, nous les premiers concernés puisque ce sont nos vies en terre d’accueil qui sont engagées.

Aussi exigeons-nous de nos autorités gouvernementales de désormais associer les représentants de l’Assemblée des Sénégalais de l’extérieur aux négociations. Forts des constats négatifs que nous avons identifiés sur l’ensemble des accords et autres conventions (allocations familiales, retraite, flux migratoires…), nous demandons non seulement leurs renégociations mais aussi d’être associé à celles-ci en tant que représentant de la société civile en migration. C’est la seule garantie que nos intérêts seront mieux défendus et paraphés par de nouveaux accords.

SUR LES ACCORDS DE GESTION CONCERTEE DES FLUX MIGRATOIRES

A la place de signer des accords aussi défavorables pour ses ressortissants, notre

gouvernement doit être plus soucieux du sort de nos compatriotes en situation irrégulière.

Voilà ce qui l’a conduit à être un des premiers à avoir signé des accords concertés de gestion des flux migratoires avec différents pays européens (Espagne et France). De tels accords inspirés par Sarkozy alors en fonction au ministère de l’Intérieur font de notre gouvernement l’obligé de

l’Etat français. Aux côtés de ce dernier, l’Etat sénégalais cogère l’expulsion de ses propres ressortissants. Le ministère sarkozyste de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire est le maître d’oeuvre d’une politique plus globale qui vise à associer les migrants au développement de leur pays d’origine pour soit disant y juguler les flux migratoires irréguliers. D’ailleurs, la nouvelle approche de ce ministère veut même aller plus loin en intégrant le volet « développement solidaire » de sa gestion concertée (avec notre Etat signataire) des flux migratoires dans sa politique plus globale d’aide au développement.

En effet, face à une aide publique qui ne cesse de rétrécir, quelle meilleure solution pour la France que d’associer les migrants au développement de leur zone d’origine pour participer à l’assèchement des foyers d’immigration clandestine. Tous les produits financiers initiés récemment par ce ministère (compte d’épargne co-développement et autre livret d’épargne co-développement) intègrent le même dispositif qui consiste à capter l’argent des migrants pour l’intégrer dans l’aide au développement.

En somme les accords de gestion concertée signés par notre Etat ne comporte que des avantages pour le gouvernement de Sarkozy : d’une part, ils lui permettent de bénéficier du concourt du gouvernement sénégalais pour expulser plus facilement nos ressortissants en situation irrégulière et, d’autre part, capter notre épargne pour la réinjecter dans sa politique d’aide publique au développement. Au vu de tout ceci, nous exigeons de notre gouvernement de dénoncer et de renégocier les accords de gestion concertée des flux migratoires.

10 – LES TRANSFERTS D’ARGENT

Selon un rapport de la Bad (Banque africaine de développement) publié il y a deux ans sur

les transferts de fonds des migrants, le Sénégal avait en 2005 un PIB de 6 635 000 000 euros, une aide publique au développement de 574 166 667 euros et un montant global de transferts de 1 254 000 000 euros dont une estimation de 46% de transferts informels. Autrement dit, les transferts représentent 19% du PIB et 218% de l’aide publique au développement dont bénéficie le Sénégal. Avec l’équivalent de 500 milliards de FCFA transférés par an, le Sénégal fait partie des pays qui reçoivent le plus d’argent de ses ressortissants installés à l’étranger. Il est, en effet, le quatrième pays d’Afrique noire bénéficiaire de transferts d’argent de ses migrants. Ces transferts, comme tout le monde le sait, contribuent à diminuer significativement la pauvreté au sein des ménages qui en bénéficient (jusqu’à 31%). C’est pourquoi il est important d’engager une réflexion sur les conditions d’une meilleure valorisation de l’argent des migrants dans l’économie nationale. Etant entendu que l’une des premières conditions porte sur la bonne gouvernance de notre Etat. Autrement, cette manne ira rejoindre tous les milliards perdus sur le chemin bientôt cinquantenaire du développement. Sur une question aussi importante pour notre économie nationale, notre Assemblée des

Sénégalais de l’extérieur doit mobiliser toutes les potentialités professionnelles en son sein pour faire des propositions crédibles et pertinentes pour servir des projets de développement durable.

 

 11 – MIGRANTS : ACTEURS DE DEVELOPPEMENT ET COOPERATION DECENTRALISEE

Aux transferts d’argent des migrants, il faut ajouter les divers envois de matériels et

équipements qu’ils effectuent aussi qui dans leur village, qui dans leur quartier… Que les migrants ne construisent-ils dans leur village oublié par l’Etat central ou ville excentrée ? Des écoles, des maternités, des centres de santé, des mosquées… Et pourtant que ne subissent-ils comme brimades et autres rackets de la part des personnes investies de l’autorité publique, soit par les policiers et les gendarmes parfois dès la descente de l’avion ou alors par les douaniers sur la route qui les mène vers leur village.

Sans risque de se tromper, on peut aisément affirmer que toutes ces régions marginalisées par l’Etat, qui n’y investissait plus un franc, n’ont dû leur salut que grâce à l’apport tant financier que social des migrants. C’est peu de dire que l’Etat est toujours absent dans les villages d’origine des migrants. Les seuls appuis aux projets qu’ils impulsent dans leur village, les migrants les trouvent auprès des ONG et des collectivités territoriales étrangères dans le cadre de la coopération décentralisée. Les migrants investisseurs doivent être intégrés dans les politiques de décentralisation nationale pour leur permettre de jouer pleinement leur rôle de développeurs. Par leur implication multiforme dans la renaissance socio-économique de leur village, les migrants sont de véritables acteurs de développement et doivent être considérés comme tels par nos gouvernants. Sur ce champ tout aussi important articulé autour du triptyque migrants –développement - coopération décentralisée, L’Assemblée des Sénégalais de l’extérieur compte s’investir totalement auprès des migrants. Ceci au triple niveau de la définition de projets, de la recherche de partenariat et de l’accompagnement sur le terrain de la réalisation.